Photo prise en début de soirée en attendant la nuit noire complète. L’amas étant bas sur l’horizon, je n’ai eu qu’une petite fenêtre de temps pour photographier cet amas. On est clairement en plein dans la Voie lactée, le ciel est très dense en étoiles. Les tâches noires que l’on voit correspondent à des nébuleuses obscures qui sont référencées dans le catalogue de Barnard de l’astronome américain Edward Emerson Barnard. Son catalogue référence 182 nébuleuses dont beaucoup se trouvent dans cette région du ciel.
À propos de cet Amas
Cet amas a été découvert par Gottfried Kirch un astronome allemand en 1681 depuis l’observatoire de Berlin. À cette époque notre astronome ne voyait qu’une tache floue. Il faudra attendre l’année 1733 pour que William Derham puisse commencer à résoudre les étoiles de cet amas. Résoudre les étoiles, c’est la capacité à distinguer chaque étoile individuelle de l’amas. Généralement plus l’ouverture d’un instrument est grande, plus l’on collecte de lumière et plus le pouvoir de résolution est grand. Trêve de digression, revenons à notre amas. Charles Messier que l’on ne présente plus, l’observe et l’ajoute à son catalogue en 1764. Quant à John Dreyer, astronome irlando-danois, il l’ajoute à son New General Catalogue sous le numéro 6705.
Cet amas est très compact, probablement le plus compact de toute la Voie lactée, et contient plus de 2 900 étoiles. Il est situé à environ 6 200 années-lumière de la Terre dans la constellation de l’Écu de Sobieski. Son âge est estimé à 220 millions d’années, ce qui est très jeune à l’échelle de l’Univers. Il est très compliqué d’obtenir des chiffres exacts sur cet objet car il est situé dans une partie très dense du ciel. Par exemple sa masse est estimée entre 3 700 et 11 000 masses solaires : la fourchette est large !
D’où vient ce drôle de nom ?
Il faut que l’on parle du nom donné à cet amas par l’astronome anglais William Henry Smyth qui a noté dans son livre d’observation A Cycle of Celestial Objects une forme de V et a écrit «This object, which somewhat resembles a flight of wild ducks in shape…» Que l’on peut traduire par : «Cet objet, dont la forme rappelle quelque peu un vol de canards sauvages…». Je me passerai de commentaires… mais, personnellement, je n’ai jamais vu ça ! Enfin, le nom est quand même sympa ce qui fait que cet amas se retient facilement.
Le Canard sauvage de plus près
J’aimerais clôturer cet article avec l’image prise par le télescope spatial Hubble qui a capturé une toute petite partie de l’amas et qui montre la variété d’étoiles qui le compose. Et à quel point les étoiles sont proches les unes des autres.

