Cette photo et celle de NGC 7635 viennent de la même session, 243 poses de 30 secondes pour 2h01 de pose au total. J’ai volontairement fait un cadrage très serré sur Messier 52 pour le Défi Messier, afin de bien isoler l’amas. J’ai gardé les données brutes de côté pour en faire un second traitement, cadré plus large cette fois, centré sur sa voisine la nébuleuse de la Bulle.
Une comète, encore une fois
Charles Messier découvre cet amas le 7 septembre 1774 : encore une comète dans le coin, décidément ce blog leur doit beaucoup. Il s’agit cette fois de la comète C/1774 P1, dite « comète de Montaigne » : ce soir-là, Messier repère l’amas juste à côté d’elle dans le ciel, et note leurs deux positions ensemble. William Herschel l’observe à nouveau le 29 août 1783, puis son fils John le 9 octobre 1829. Il est également répertorié dans le catalogue NGC, sous le nom NGC 7654.
Pour le trouver, direction la constellation de Cassiopée, du côté de la frontière avec Céphée et le Lézard, en plein dans la Voie lactée.
Sel et poivre
Les observateurs amateurs surnomment cet amas le « sel et poivre », et vu de plus près, on comprend pourquoi : une multitude de petites étoiles blanches, ponctuées de quelques points plus sombres, avec une forme qu’on décrit parfois comme un éventail ou un « V ». Sa magnitude tourne autour de 7, invisible à l’œil nu, mais déjà bien visible aux jumelles.
Sa distance est difficile à fixer : les anciennes estimations allaient de 3 000 à 7 000 années-lumière, avant qu’une étude de 2018 s’appuyant sur les mesures de parallaxe du satellite Gaia, obtenues sur près de 800 étoiles membres, ne la resserre à environ 5 300 années-lumière. Même chose pour son âge : la référence classique lui donnait 35 millions d’années, mais une étude de 2021 s’appuyant elle aussi sur Gaia le remonte plutôt à 120 millions d’années. Et pour le nombre d’étoiles, on est passé d’un comptage visuel d’environ 190 dans les années 1950 à près de 800 membres probables aujourd’hui : preuve que Gaia a changé beaucoup plus que la seule distance !
Sa voisine, la nébuleuse de la Bulle
À peine 37 minutes d’arc plus loin se cache NGC 7635, la nébuleuse de la Bulle. Je lui consacre son propre article plutôt que de tout redire ici, mais elle est bien visible dans le coin de mon cadrage large, avec M 52 pour compagnie.



